Quelques points sur les i

Par Clémentine Autain | 2 juin 2019

Depuis dimanche dernier au soir, le résultat des élections européennes appelle notre famille politique à la réflexion. Oui, il nous faut comprendre les raisons de l’échec et en tirer des conclusions. Je l’ai dit, je souhaite que nous débattions des causes qui ont mis la France Insoumise dans un si mauvais pas. Certains me reprochent de m’exprimer publiquement. J’avoue d’abord ne pas savoir où m’exprimer, c’est-à-dire où ce débat peut se mener et se trancher à l’intérieur de la FI, mouvement gazeux qui revendique de ne pas avoir de direction. Le lieu auquel je participe est le groupe parlementaire. Je m’y exprime, chaque semaine sauf exceptions rares, mais je ne tiens pas les députés pour les dirigeants naturels d’un mouvement. Surtout, je considère que les questions qui sont posées au moment d’un tel revers concernent tout le monde. Rien de secret donc. C’est pourquoi je ne comprends pas le procès en « traitrise » que certains s’empressent de nourrir contre moi. Nous sommes toutes et tous blessés par les résultats. Mais rien ne sert de faire l’autruche, mettons au pot commun nos réflexions et propositions pour avancer. Évidemment, le poids de tendances lourdes pèse sur nous, comme nous l’observons à l’échelle internationale. Je sais aussi combien nos adversaires ne nous ont pas facilité la tâche – en même temps, comment compter sur eux ? L’heure n’est pas à l’autoflagellation mais au débat et à la lucidité pour repartir sur le meilleur pied possible et retrouver une dynamique propulsive. Tel est mon état d’esprit. 

Depuis quelques jours, la petite musique que je retrouve sur les réseaux sociaux ou dans la presse m’impute de vouloir faire renaitre « l’union de la gauche ». J’aimerais que l’on écoute ce que je dis et non que l’on s’invente un épouvantail pour bloquer la discussion. 

Je redis ici que le débat ne se joue pas, selon moi, entre « populisme » versus « union de la gauche ». Je n’ai jamais pensé que l’on pouvait espérer une solution politique de l’union des partis de gauche. Je ne crois pas non plus que l’agrégation de colères captée par un leader soit le sésame. Ma conviction est qu’il faut fédérer le peuple sur une espérance, une alternative sociale et écologiste. Et que pour y parvenir, nous avons besoin de médiations, c’est-à-dire de relais, car nous ne pouvons viser seuls des majorités, à partir d’un petit groupe de militants politiques soudés et homogènes dans sa façon de penser et de parler.  

Faut-il rappeler ici que lors du Front de Gauche, avec le mouvement Ensemble, j’ai fait partie de celles et ceux qui demandaient que le Front de Gauche devienne un mouvement citoyen et non un seul cartel de partis, en permettant les adhésions individuelles ? A l’époque, le PCF et le Parti de Gauche étaient opposés à cette évolution. Je discutais alors la pertinence de la forme parti et je pensais déjà que le mot gauche devait être rempli plus que proclamé. Ce n’est quand même pas moi qui ai créé le Parti de Gauche dont, si on veut bien y réfléchir, tous les termes sont discutables, parti et gauche ! Donc pas de faux procès. N’alimentons pas de querelles sur de mauvais termes de débat, discutons du fond des choses. J’ajoute que mon ancrage dans la gauche radicale depuis plus de vingt ans indique, s’il le fallait, que je ne suis pas de celles qui bradent des convictions de rupture sur l’autel d’accords de sommet et de circonstance.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Nous voici loin de la force qui a su rassembler près de 7 millions de Français, venus des quartiers populaires, des agents des services publics, des couches intellectuelles précarisées de centres villes… C’est parce que nous avions su porter un discours rassembleur que nous étions crédibles pour mobiliser et changer la société. Comment cela a-t-il été possible ? En faisant appel à l’intelligence de tous, en valorisant une politique ancrée dans les mémoires et dans les cœurs, une proposition qui rompait avec les errances de la gauche au pouvoir. Notre attrait tenait au fait que nous étions radicaux sur le fond en nous hissant au niveau des questions nouvelles sur l’écologie, le travail, la culture, la paix, etc. C’est cette attitude ouverte, créatrice, fédératrice qui s’est estompée depuis deux ans. Seul un électeur sur 5 qui avait voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2017 a voté FI en 2019. Comment pourrait-on contourner ce constat ?  

Il nous faut reprendre ce chemin, celui qui a fait la force de la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2017. On ne le fera qu’avec l’apport de toutes celles et ceux qui sont prêts pour la transformation sociale et écologiste. Qui ? Les lutteurs, les syndicalistes, les militants politiques et les élus locaux, les lanceurs d’alerte, les agents des services publics, les artistes et les intellectuels critiques, tous les citoyen.ne.s qui dans leur travail et/ou leur façon de vivre fondent leur engagement pour la société… Dans ce mouvement, chacun vient comme il/elle est, avec son histoire, ses priorités et son expérience. Pour que le plus grand nombre trouve sa place, je crois à la nécessité du pluralisme, au respect des identités de chacun. L’union des partis n’est pas l’axe de rassemblement mais pour fédérer, il faut des passerelles et non des murs, de l’écoute et non de la vindicte. 

Nous avons des idées, nous ne sommes pas les seuls. Ouvrir les portes et les fenêtres sur les forces vives qui portent l’horizon qui nous est cher me paraît d’une urgence vitale pour desserrer l’étau du couple infernal néolibéraux versus néofascistes. Voilà ce que je dis. Ni plus, ni moins.

Tout ça pour ça !

Par Clémentine Autain | 25 avril 2019

La conférence de presse d’Emmanuel Macron devait enclencher l’acte II du quinquennat. Sans surprise, le Président n’est pas redescendu sur terre. Il poursuit sa fausse route.
Nous aurons donc la retraite par points pendant que les hyper-riches ne verront aucunement l’ISF réintroduit. La réindexation des retraites à moins de 2.000 ne compensera pas les méfaits de la retraite par points, chère à Macron.
Ce soir, nos oreilles auront eu beau être tendues, rien n’est venu sur les moyens concrets permettant de combattre l’évasion fiscale, de lutter contre le pauvreté et la précarité ou encore d’endiguer les inégalités territoriales. 
Une commission Théodule sur l’environnement sera mise en place, c’est vous dire si la mesure du réchauffement climatique est prise au sérieux au sommet de l’État ! 
Un débat annuel aura lieu au Parlement sur l’immigration – c’est vous dire si le « rempart contre l’extrême droite » est efficace !
En résumé, je ne vois qu’une urgence après les propos de Macron : préparer sérieusement l’après.

Fédération du peuple : chiche !

Par Clémentine Autain | 24 avril 2019

J’ai lu ce matin avec attention la longue interview donnée par Jean-Luc Mélenchon au quotidien Libération. En exergue, une proposition nouvelle du leader a sonné comme un bougé stratégique : JLM met en débat la création d’une Fédération populaire que la France Insoumise pourrait proposer au lendemain des élections européennes. Il s’adresse au peuple et aux autres forces de gauche, si l’on suit le fil des questions de Laurent Joffrin et des réponses de Jean-Luc Mélenchon.

Tout le monde perçoit bien le problème : une gauche autour de 30 % et dispersée, cela ne fait pas le compte pour rassembler le peuple et ouvrir une perspective de changement social et écologiste. Il faut donc recomposer, mais comment ?

Je suis totalement favorable à l’idée de franchir une nouvelle étape de rassemblement après les élections européennes. Nous le devons pour faire grandir l’espoir d’une alternative politique émancipatrice. Après la chute du PCF, l’effondrement du PS traduit une atomisation profonde du champ politique à gauche. Les partis issus du mouvement ouvrier, qui ont structuré la gauche au XXe siècle, ne sont plus des outils populaires suffisants pour penser et agir aujourd’hui. Il faut donc faire du neuf, sur le fond et sur la forme. Avec la conviction qu’à l’échelle de l’histoire, cette entreprise de refondation ne peut se mettre en œuvre en deux coups de cuillères à pot. Je pense qu’il est raisonnable d’assumer en la matière un peu d’humilité.

Sur ces décombres, c’est bien la France Insoumise qui a fait irruption avec les 19,5% obtenus par JLM à l’élection présidentielle. Dans un champ de ruines, dont le PS porte la dernière responsabilité avec l’ère Hollande, la FI est apparue comme un mouvement neuf. Mélenchon candidat ne considérait pas le mot gauche comme un sésame, à raison, mais sut alors énoncer une proposition et faire vivre un profil politique à la fois moderne et ancré dans cette tradition émancipatrice.

Pour comprendre ce qui peut nous propulser demain, il faut déjà comprendre ce qui a fonctionné en 2017. Jean-Luc Mélenchon a réussi à faire le plein des voix de la gauche radicale, ravivant les anciens bastions communistes, tout en attirant un électorat plus modéré, notamment de centres urbains, de nombreux déçus du PS. Cette martingale n’était pas acquise, elle méritait d’être consolidée. Par la suite, « le bruit et la fureur », aussi poétique soit la formule, n’a semble-t-il pas permis de maintenir l’attractivité de la FI auprès d’une partie de ses électeurs sans pour autant attirer un nouvel électorat. La FI se situe aujourd’hui dans les différentes enquêtes d’opinion en-dessous des 10%. On peut toujours discuter le travail des sondeurs mais difficilement contester le fait que la FI n’a pas connu l’ascension irrésistible que l’on aurait pu espérer, même si la FI reste pour l’heure en tête à gauche, ce qui lui donne en effet des responsabilités, comme le rappelle à juste titre JLM dans l’interview de Libération – et la FI peut bien sûr hisser plus haut que prévu son score avec Manon Aubry le 26 mai.

Il me semble que le chemin de l’espérance peut s’ouvrir si l’on retrouve, pour commencer, ce qui a fait la force de la campagne de JLM en 2017. Je suis également convaincue que le rassemblement que nous avons à construire ne peut advenir qu’à la condition d’assumer pleinement le pluralisme et de penser un fonctionnement démocratique qui ne soit pas le copié-collé des mécaniques pyramidales des partis du XXe siècle. Si le fonctionnement des partis d’hier ne doit pas être reproduit, il faut tout de même inventer des modalités démocratiques, sans lesquelles toute organisation risque de péricliter. En période de campagne électorale, un mouvement se doit de faire corps et d’agir sans avoir le nez rivé sur ce qui divise ou fait problème. Mais le reste du temps doit être celui de la consolidation d’un collectif qui est forcément traversé de nuances, de débats voire de conflits. Imaginer les médiations pour y faire face me paraît indispensable si l’on veut mettre en action durablement une force militante et ajuster sans cesse les options stratégiques et programmatiques. Le pluralisme et la démocratie ne sont pas que des cadres institutionnels, ils sont aussi des éléments de culture politique sans lesquels on ne peut agréger dans la durée, et donc gagner.

Pour être concrète, je veux dire un mot de l’idée que je me fais d’une éventuelle Fédération populaire. Dans feu le Front de Gauche, je me suis battue pour des adhésions individuelles, en vain. Au sein de la FI, je me suis à plusieurs reprises exprimée en faveur d’instances qui permettent d’inclure la pluralité politique et de mieux identifier les modalités de la prise de décision. Un mouvement politique peut-il sérieusement assumer de ne pas avoir de direction ? Je ne le crois pas, même si je plaide pour une direction polycentrique et non pyramidale, dans laquelle il pourrait y avoir différentes légitimités directionnelles et non une seule au sommet. La démocratie, dans le mouvement politique comme dans la société, ne peut se passer de médiations. Le PCF a payé cher la tentation de l’hégémonisme et un fonctionnement qui contredisait le parti pris démocratique du projet. Nous pouvons apprendre d’erreurs passées.
Ainsi j’imagine que la Fédération populaire dont nous avons besoin permettrait une implication individuelle, c’est-à-dire une adhésion directe possible pour chacune et chacun au tout que représenterait ce grand mouvement. Cette Fédération permettrait également aux différentes sensibilités politiques, sociales, citoyennes, culturelles d’y avoir leur place en tant que tel. Il faut associer et non vassaliser. Toute logique hégémonique débouche sur une perte d’impact dans la société parce que l’émetteur devient trop homogène. La tentation d’une centralité dominante se traduit aussi par un moins-disant sur le terrain de la réflexion collective car le pluralisme est une richesse, dans la mesure bien sûr où elle ne contrarie pas fondamentalement la cohérence d’ensemble.

Je reprends ici la formulation de Fédération populaire mais je la sais ambigüe. En effet, il est important de ne pas confondre le rassemblement à vocation majoritaire, ce qu’ont été le Front populaire et l’Union de la gauche en leur temps, et la force politique capable d’impulser cette dynamique. La confusion pourrait laisser entendre qu’il suffirait d’une seule force pour gagner la majorité, comme si une composante pouvait à elle seule représenter toute la gauche et le peuple.

Nous savons que le travail de reformulation d’un projet social et écologiste n’est pas abouti puisque nous n’avons pas encore gagné dans les têtes, dans la rue, dans les urnes. Pour mener ce travail, qui est en cours et qui ne part pas de rien, je suis convaincue qu’il faut ouvrir largement les portes et les fenêtres, sans arrogance ni mépris, avec convictions et recherche de cohérences nouvelles.

A la fin, c’est nous les femmes qu’on va gagner

Par Clémentine Autain | 24 mars 2019

La création culturelle donne toujours le parfum d’époque, son ambiance et ses obsessions, ses cauchemars et ses espoirs. Comme je suis passionnée de littérature contemporaine, c’est souvent sur ma table de chevet que j’y puise de l’inspiration. Cette fois, c’est au cinéma que j’ai été frappée par un symptôme du moment, en correspondance avec la vague #MeToo et cette nouvelle vague féministe qui exige liberté, respect, égalité : l’irruption des femmes sur des terrains qui leur étaient jusqu’ici bien fermés. Les imaginaires s’ouvrent et voilà que le « deuxième sexe » refuse l’humiliation et la soumission, prend son fusil, veut sauver le monde, assume sa part de féminité tout en visant le pouvoir.

Commençons par le plus loufoque et jouissif : Rebelles. Réalisé par Allan Mauduit, le film met en scène trois ouvrières à Boulogne-sur-mer, interprétées par le trio décapant : Cécile de France, Yolande Moreau et Audrey Lamy. Une ex miss Pas-de-Calais retourne vivre dans la caravane de sa mère, fuyant la Côte d’Azur et son compagnon violent. Elle cherche du boulot, les temps sont durs. Elle démarre dans une usine de boite de sardines. Un soir, le responsable de l’entreprise tente de la violer. Elle se défend, il en meurt. Avec ses deux collègues qui assistent au drame et découvrent un énorme sac de billets de banque, elle décide de le mettre en boites. S’ensuit une aventure rocambolesque, drôle, délirante dans lequel les femmes ne lâchent jamais prises, osent tout et s’affirment face à des hommes qui ont les codes et les clés du pouvoir. C’est avec leur énergie, leur genre, leur insoumission qu’elles trouvent les ressorts pour, in fine, empocher la mise. On pense au film de Despentes, Baise-moi, qui avait dès les années 2000 apporté ce regard trash avec un parfum de vengeance sur les rapports hommes/femmes. On pense surtout que cette alliance cinématographique du moment a tout d’un mélange entre #balancetonporc et gilets jaunes.

Dans un tout autre registre, le bloc booster américain Captain Marvel décoiffe les traditionnels héros de notre enfance. Mon fils me traine inlassablement pour voir ces films d’aventure où on se poursuit, on a peur, on se tue, on est encore menacé, on est prêt à tout et on va gagner. Du rythme, du sang, de la stratégie, des méchants et des gentils, tout ce que ma fille n’a pas spécialement envie d’aller voir – la prégnance des identités de genre étant passée par là. Mais dans Captain Marvel, c’est une femme, Carol Danvers, qui va devenir l’une des super-héroïnes les plus puissantes de l’univers. Et elle y arrive sans se couper de ce qui caractérise culturellement le féminin : les émotions. Son maitre lui avait pourtant intimé l’ordre d’oublier ses souvenirs, de ne pas ressentir, condition sine qua non lui dit-il pour espérer devenir un super-héros comme les autres. Mais voilà : c’est parce qu’elle ne se soumet pas à cette injonction qu’elle va dépasser le maître. Et gagner. La critique de ce film en tête du box office a eu vite fait de nous souffler cette idée neuve : la super-héroïne est l’avenir du super-héros. Nous sortons du superman de mon enfance sauvant les filles qui le regardent passives et enamourées, et des belles au bois dormant qui ne se réveillent que quand le prince charmant les embrasse. Les temps changent. Réjouissant.

C.A.

Abandon d’Arjowiggins : l’Etat devient complice des briseurs de vies

Par Clémentine Autain | 6 février 2019

J’ai pu en faire le constat ce matin, avec émotion, en me rendant en Seine-et-Marne, à Jouy-sur-Morin. J’y venais soutenir les plus de 200 salariés de l’usine d’Arjowiggins qui ont perdu leurs emplois suite à la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise. Blottis devant l’entrée, les dizaines de salariés présents racontent leurs vies à l’usine, certains avec plusieurs dizaines d’années d’ancienneté. L’incompréhension et la colère sont palpables, et la situation dans le bassin d’emploi local ne leur laisse guère d’espoir. Ici ce sont des familles entières, des villes et leurs commerces, des territoires qui sont impactés durement par cette fermeture.

Ces 200 salariés mis sur le carreau paient les pots cassés du jeu financier des grands groupes. Ceux qui peuvent acheter et vendre des usines à leur guise, sans jamais se soucier ni des salariés, ni du développement de l’outil de production. Encore pire, ces dirigeants, en jouant leurs profits sur le dos de centaines de familles, sont dans leur bon droit. Et si cela est possible, c’est bien parce que l’Etat et Bercy, après avoir donné gracieusement des centaines de millions d’euros d’aides publiques, détournent le regard de cette situation, ne répondent plus aux appels des salariés. Ils deviennent complices. L’ensemble des savoir-faire de cette entreprise, qui produit des papiers hautement techniques pour plus de 150 pays dans le monde (billets, papiers carte grise…) vont donc partir en fumée. Un nouvel exemple s’il en fallait de l’irresponsabilité du gouvernement en matière de stratégie industrielle pour notre pays.

J’adresse toute ma solidarité à ces salariés qui ont décidé de s’opposer à cette logique, et je pose une question écrite au gouvernement pour lui demander de rendre des comptes sur la fermeture de ce site, et d’agir rapidement pour son redressement.

➡️ Pour les soutenir, voici une cagnotte en ligne : https://www.leetchi.com/fr/c/wKDKe3d5