Loi contre les violences faites aux femmes : une immense déception

Loi contre les violences faites aux femmes : une immense déception

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Un 1er août, dans un hémicycle évidemment clairsemé, avec une salle des quatre colonnes vide, donnant lieu à de simples reprises dans la presse de la dépêche AFP, une loi famélique contre les violences faites aux femmes a été adoptée. La grande cause du quinquennat nous avait-on dit et redit… Misère.

La déferlante #MeToo n’aura pas été suivie d’une grande loi avec des moyens signant l’engagement inédit des pouvoirs publics pour accompagner concrètement cette libération de la parole. C’est une immense déception.

Face aux députés En Marche présents qui m’interrompaient sans cesse avec une véhémence singulière et peu démocratique – décidément, en macronie, il est difficile de supporter l’expression d’une opposition -, j’ai défendu une motion de rejet en réitérant notre volonté de voir advenir une grande loi cadre, avec des moyens sonnant et trébuchant pour accompagner les victimes de violences sexuelles, investir dans la formation des personnels de justice, de police, de santé, développer sérieusement l’éducation aux stéréotypes sexistes, soutenir le précieux travail du monde associatif et des travailleurs sociaux, assurer un nombre suffisant de places pour accueillir en hébergement d’urgence les femmes victimes de violences conjugales…Rien de tout cela n’est contenu dans la loi du gouvernement qui aura pour seul fait de gloire permis l’allongement du délai de dépôt de plainte pour les viols commis sur mineurEs, passant de 20 à 30 ans pour prendre en compte l’effet de l’amnésie traumatique. Il était temps mais, pour l’essentiel, le rendez-vous est manqué. Les Espagnols ont su le faire dès 2004. La Nouvelle Zélande vient de voter un congé de 10 jours pour les victimes de violence conjugale. Et nous restons l’arme aux pieds. Par manque de volonté politique. Par l’effet d’un imaginaire et de projets concrets étriqués, car colonisés par la sacro-sainte réduction des dépenses publiques avec laquelle les progrès sociaux deviennent contingents.

Sur ce sujet, je reste convaincue que nous aurions pu, du trouver un large consensus sur les bancs de l’Assemblée. Le rendez-vous est manqué.