Tranquillité publique et prévention de la délinquance à Sevran

Tranquillité publique et prévention de la délinquance à Sevran

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Début juillet, Clémentine Autain a participé au conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et de la radicalisation à Sevran. Elle y a dénoncé le sentiment d’abandon et d’insécurité ressenti par les Sevranais. En cause, comme l’a souligné le rapport parlementaire sur l’action de l’État en Seine-Saint-Denis, le sous-effectif chronique d’agents de police : 700 policiers de moins depuis 2010 dans le département, dont 35 rien que sur le district Sevran-Aulnay.

Clémentine Autain a tenu à porter la colère des citoyens face à ce scandale républicain. Le désengagement de l’État de ses missions régaliennes est clair, notamment dans les domaines de la sécurité et de la tranquillité publique peu à peu transmises aux villes. Dans la pratique, l’État demande toujours plus aux collectivités, leur transférant de nouvelles compétences tout en leur accordant toujours moins de moyens. À ce titre, la contractualisation imposée aux communes limitant l’augmentation de leur budget est un non-sens : les municipalités devront forcément fermer certaines structures publiques pour espérer rentrer dans les clous de l’austérité budgétaire tout en assurant toutes les nouvelles missions élémentaires qui ne seront plus assurées par l’État.

Pour la tranquillité publique, le résultat de ce désengagement de l’État se traduit par l’absence d’une véritable stratégie des ressources humaines des personnels de l’État en Seine-Saint-Denis. Le recrutement d’agents peu expérimentés, le changement fréquent des équipes, mais aussi la hausse record entre 2017 et 2018 des agressions notamment au sein des établissements scolaires sont autant de manifestations d’une situation sous tension qui doit cesser.

Ce que nous demandons, c’est pour commencer l’égalité républicaine dans notre ville et notre département pour que les gardiens de la paix, dont je reconnais la difficulté du travail, puissent avoir les moyens nécessaires à l’exercice de leur fonction. Cela passera notamment par la création d’un commissariat de plein exercice à Sevran, une anomalie pour une ville de plus de 50000 habitants. En 2014 déjà, une pétition avec recueilli plusieurs centaines de signatures des habitants pour réclamer l’ouverture de ce commissariat.

L’arrivée de ces effectifs devra être complémentaire d’un renforcement des services publics dans ces territoires. Régulièrement, j’ai alerté sur le manque criant de moyens, qu’il s’agisse de la tranquillité publique, de l’éducation, des transports ou de l’accompagnement vers l’emploi. Ce sont tous les pans de l’action publique qui doivent être remis au centre de la réflexion pour le droit à la tranquillité pour tous et partout.

Enfin, le combat contre la radicalisation ne pourra se faire sans la participation de tous les acteurs. La campagne de diffusion du numéro vert Stop Djihadisme était un premier pas. Il faut faire plus. À ce titre, je suis inquiète des baisses constantes des dotations aux associations et services publics qui ne peuvent plus exercer leur rôle de vigie citoyenne.

Sevran, comme la plupart des villes de notre territoire ont droit à la simple égalité de présence et d’action de l’État. Les besoins y sont plus forts et les moyens plus faibles qu’ailleurs. Avec 14 parlementaires de Seine-Saint-Denis, nous demandons une rencontre avec le Premier ministre. Sans attendre, nous organiserons le 5 octobre prochain une mobilisation républicaine pour la Seine-Saint-Denis.