1er Mai : déconfinons l’insubordination !

1er Mai : déconfinons l’insubordination !

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Un 1er Mai à la maison, sans défiler dans les rues de Paris pour défendre les droits et les protections de celles et ceux qui travaillent, sans embrasser les unes et les autres, sans prendre le pouls de la contestation, sans ressentir physiquement le nombre, sans humer le parfum d’époque des pancartes qui se succèdent, sans voir quels sont les cortèges fournis, ceux qui le sont moins, sans images à la télévision de la foule qui clame, qui chante, sans me plaindre de la pluie ou me réjouir de cette journée si ensoleillée, sans ramener chez moi un brin de muguet… Le confinement a emporté mon, notre traditionnel 1er mai.

Il nous reste les slogans qui foisonnent sur les réseaux sociaux, les casseroles qui vont tinter dans la journée, les Bella Ciao qui sortiront des fenêtres dans certains quartiers. Et surtout la colère. Car le sentiment d’injustice et la combativité pour un monde meilleur ne se confinent pas. Pire : l’impréparation et les mensonges du gouvernement, l’addition de décennies de réduction des moyens pour l’hôpital ou encore la faim et la précarité qui explosent pendant que se distribuent les dividendes alimentent le désir d’insubordination.

Ce 1er Mai inédit, nous ne l’oublierons pas.
Nous penserons aux soignants qui n’ont toujours pas vu d’augmentation significative et stabilisée de leur rémunération. Aux premiers de corvées qui font vivre l’économie de notre quotidien pour un salaire de misère, sans voir leur situation revalorisée. Et, parmi eux, nous n’oublierons pas les femmes qui occupent des emplois essentiels, dans le domaine du soin notamment, sans visibilité ni considération.
Nous nous mobiliserons pour celles et ceux qui travaillent sans protection dans des secteurs non indispensables.
Nous dénoncerons toutes les mesures « d’assouplissement » du code du travail qui brisent les conquêtes sociales pour nous tirer toujours plus bas.
Nous dirons haut et fort qu’il faut sécuriser les parcours professionnels, partager les richesses et les temps de la vie.
Qu’il faut changer le sens de l’économie : produire pour répondre aux besoins et non pas produire pour satisfaire les besoins du capital en créant des besoins artificiels.

Clémentine Autain