Blaise Cendrars : mobilisation au rectorat

Blaise Cendrars : mobilisation au rectorat

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La violence a franchi un cap dangereux devant le lycée Blaise Cendrars à Sevran. La semaine dernière, un jeune a été agressé. C’est ensanglanté qu’il est venu chercher du secours en sonnant à la porte de l’établissement. Un terrible traumatisme physique et psychique pour lui, pour sa famille. Un choc aussi pour les lycéens, le personnel éducatif, les familles.

Depuis, les parents d’élèves et les enseignants sont en colère et en lutte. À raison. Dans leur viseur : le manque de moyens pour la vie scolaire. Il faut dire qu’en Seine-Saint-Denis, cruelle réalité, notre système éducatif public est sous-doté de façon structurelle. Indépendamment de la situation sociale de ses habitants, nous recevons moins de moyens de l’État que les autres départements. C’est une injustice, une profonde inégalité qui a des répercussions dans de nombreux domaines. En l’occurrence, l’établissement manque de personnels pour appréhender une situation qui peut s’emballer si l’ensemble des intervenants publics n’ont pas des moyens accrus pour y faire face.

C’est pourquoi, avec mes collègues et amis Gilles Boitte et Umit Yildiz , élus de la majorité municipale, nous avons accompagné cet après-midi les parents d’élèves et personnels éducatifs du lycée Blaise Cendrars devant le rectorat. Une délégation a été reçue, et nous avons notamment demandé de nouveaux postes de surveillants, mais les réponses ont manqué. De moyens supplémentaires, il n’est pas question.

Une fois encore, les choix budgétaires du gouvernement, englué dans l’austérité, se répercutent très concrètement sur les populations qui en ont le plus besoin. Un poste d’AED* en plus ne peut se dégager dans une situation d’urgence en Seine-Saint-Denis mais les millions coulent à flot quand il s’agit de supprimer l’ISF (Impôt sur la fortune), de créer le CICE (un crédit d’impôt) pour les grandes entreprises ou d’instaurer une « flat tax » pour aider les plus riches. Je ne m’y ferai jamais.

La tension entre jeunes peut ne pas s’arrêter là. Il faut tout faire pour qu’elle ne s’amplifie pas, pour qu’elle cesse. Pour y parvenir, la présence humaine est essentielle. Si elle fait défaut, si les services publics ne sont pas en état de faire face à leurs missions, comment être serein ? L’école ne peut fonctionner ainsi à flux tendu. Et je regrette une nouvelle fois la suppression de la police de proximité. Je réclame à nouveau des moyens pour investir dans le sport de proximité et le développement de la culture, biais essentiels pour apaiser les tensions, les peurs, les désirs de vengeance sans fin.

Dans les jours qui viennent, je m’adresserai en ce sens aux ministres concernés, au recteur et au préfet. Avec au cœur, la tranquillité et le bien-être de tous les jeunes, les professionnels et les habitants de notre territoire.

Clémentine Autain

*AED : Assistant d’éducation, nouvel acronyme pour désigner les surveillants