Bolivie : contre l’offensive fasciste

Bolivie : contre l’offensive fasciste

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Le coup d’état qui a lieu en ce moment en Bolivie appelle de notre pays une réaction diplomatique forte et vigoureuse, tant les droits les plus élémentaires y font l’objet d’une attaque organisée de la part de groupes fascistes armés.

Evo Morales, premier Président indigène de Bolivie et instigateur d’une politique sociale qui a profondément transformé le pays ces dernières années, a été forcé de quitter son pays sous la menace de l’armée, de la police, et de groupes paramilitaires. C’est le signe d’une menace grave qui pèse aujourd’hui sur l’État de droit bolivien tout entier.

Voir l’humiliation vécue par certains de ses soutiens (je pense à la maire de Vinto qui a été tondue, aspergée de peinture rouge et forcée de marcher pieds nus sur plusieurs kilomètres), voir le racisme guerrier complètement décomplexé de certains opposants tels que M. Camacho qui appelle à « traquer les traitres du MAS » et « les indigènes » tout en promettant de « ramener Dieu au Palais brûlé », lire les provocations de Trump qui parle d’un « moment significatif pour la démocratie dans l’hémisphère ouest » et en profite pour menacer le Venezuela et le Nicaragua… tout cela ne peut qu’indigner et soulever les cœurs.

Alors oui, je sais le flou sur les irrégularités qui ont pu entacher le dernier scrutin, et qui ont amené Evo Morales à promettre de nouvelles élections très prochainement. Je sais aussi les critiques dont il fait l’objet depuis qu’il a, en 2016, passé outre les résultats d’un référendum pour briguer un nouveau mandat. Mais les événements de ces derniers jours ont provoqué un climat de guerre civile instrumentalisé aujourd’hui par une extrême droite guerrière qui n’hésite pas à persécuter ses adversaires et à violenter leurs proches.

Alors que la France accueille aujourd’hui un « Forum de Paris sur la paix » consacré à la promotion du multilatéralisme, notre voix reste dramatiquement muette sur ce qui se passe en Bolivie. Contre l’offensive fasciste, nous devons à tout prix faire bloc.