C’EST AUJOURD’HUI DIMANCHE…

C’EST AUJOURD’HUI DIMANCHE…

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Le confinement nous fait perdre la notion du temps.

Ma perception est sensible, émotive, nous ne sommes pas des machines.

Des images tournent dans ma tête…

Dans une vidéo virale, un patient, jeune, portant un masque d’oxygène, qui nous implore de nous confiner et de respecter les gestes-barrière.

À la télé, un médecin qui évoque ces malades s’exprimant correctement en arrivant dans l’hôpital et qui, deux heures plus tard, sont sous respiration artificielle : « ce virus est une cochonnerie ! ».

Partout sur les réseaux, le hashtag : « restez chez vous ! ».

Sur Brut.fr, Hamza, livreur : « J’aurais aimé être confiné, mais on n’a pas le choix. Si demain on ne va pas travailler, on n’aura pas d’argent pour nourrir notre famille ».

Le rayon de pâtes vide au supermarché.

La tristesse dans le visage de la caissière, derrière une vitre en plexis, à qui je dis « courage à vous, merci ».

À la Une de FranceInfo.fr, des gens avec des bagages devant une gare, et ce titre : « des urbains venus se réfugier en Vendée « ont diffusé l’infection », affirme un médecin ».

Un chiffre, dans Le Parisien : 10% des amendes pour non-respect du confinement et non présentation de l’attestation de déplacement se concentrent sur un département… la Seine-Saint-Denis.

Les ouvriers de Luxfer qui demandent la réouverture de leur usine qui fabriquait des bouteilles d’oxygène avant d’être délocalisée en mai 2018.

Une cagnotte en ligne pour récolter des dons pour les soignants de l’APHP, comme si l’État avait démissionné.

Sur un mur de briques, dans une rue vide, un tag : « make the rich pay for covid 19 ».

L’arrivée de médecins cubains en Lombardie, sous les applaudissements.

À 20h, le bruit des casseroles qui résonne sous mes fenêtres.

Ces mots à plusieurs reprises : « la pénurie de masques est un scandale d’État », pendant que mes enfants répètent en boucle et en riant, devant leur mère consternée, « nous sommes en guerre ! » en mimant le Président de la République.

Fin des images sur ma télé qui, du haut de ses onze ans, vient de tomber en panne – les aléas du confinement…

Vivement demain.

Non, pas lundi, je parle du monde d’après.

Quand nous aurons gagné, non pas la guerre, mais sur le coronavirus et le sens de la société.

Clémentine Autain