Fermeture des urgences : un plan Marshall pour Ballanger !

Fermeture des urgences : un plan Marshall pour Ballanger !

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J’ai passé la matinée à l’hôpital Robert Ballanger pour échanger avec les personnels soignants des urgences, la direction de l’établissement et l’Agence régionale de santé (ARS). Depuis lundi soir, plus de la moitié des infirmiers et aides-soignants de ce service sont en arrêt maladie, conduisant à la fermeture des urgences. La responsabilité de l’État est engagée.

Cette situation, qui met en danger la population, est intenable, inacceptable, révoltante. Elle vient de loin. Depuis des années, j’alerte sur le manque cruel de moyens pour les hôpitaux publics et sur les inégalités territoriales dans la répartition des financements. Loin d’être nouveau, l’épuisement généralisé des hospitaliers et les dysfonctionnements en cascade ont déjà conduit les personnels de R. Ballanger à faire grève et à exercer leur droit de retrait. Par cette voie, si quelques aménagements ont pu être gagné, le changement notable mérité de leurs conditions de travail n’a pas été obtenu.

Ce qui est en cause relève d’un problème structurel. Le recrutement fait défaut en raison de conditions de travail exténuantes, avec des équipes réduites et des salaires notoirement insuffisants. Les personnels gèrent à la chaine les patients, les soins sont de plus en plus déshumanisés.

Cette terrible réalité n’est en rien inéluctable. Elle relève de choix politiques. Non seulement j’apporte tout mon soutien aux personnels en colère mais je veux réaffirmer les solutions concrètes qui sont de nature à changer cette réalité injuste et dangereuse de notre hôpital. Pour en finir avec le mal-être au travail et la difficulté de recrutement, Il faut revaloriser nettement les salaires, développer et rémunérer la formation notamment des infirmières et aides-soignantes, agir sur l’offre de logement et les primes d’installation. Il faut également écouter et associer aux décisions les personnels, celles et ceux qui font concrètement vivre notre service public de soins et qui connaissent les besoins.

À Robert Ballanger, comme dans l’ensemble des hôpitaux publics, on ne s’en sortira pas avec de la rustine mais avec un grand plan Marshall. Seule une autre majorité en juin dans le pays, celle de la nouvelle Union populaire écologique et sociale, est capable de conduire la rupture nécessaire pour remettre sur pied nos hôpitaux. Quoiqu’il arrive, je continuerai de plaider pour un changement des conditions d’exercice des hospitaliers. Pour eux et pour nous.

Clémentine Autain