Guadeloupe : l’eau est-elle devenue un luxe ?

Guadeloupe : l’eau est-elle devenue un luxe ?

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Mme Clémentine Autain attire l’attention de M. le ministre des outre-mer sur les problèmes d’accès à l’eau en Guadeloupe et en Outre-mer.

Alors que la rentrée est perturbée sur l’ensemble du territoire par les conséquences de la pandémie de coronavirus, la Guadeloupe a vu pas moins de quarante écoles, deux lycées et un collège fermés car n’étant pas approvisionnés en eau. Si cette pénurie entraîne immédiatement l’impossibilité d’accomplir les gestes barrière, c’est en réalité le droit d’accès à l’eau potable qui se trouve dénié.

Cette situation dramatique trouve sa source à la fois dans un réseau d’acheminement vétuste, et à la fois dans la grande difficulté financière à laquelle est confrontée le Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau et Assainissement qui bénéficie d’une délégation de service public.
La dissolution de cet organisme, voulu par l’État, a conduit les salariés à se mettre en grève.

Mme Autain rappelle à M. Lecornu que le droit d’accès à l’eau potable doit être garanti à l’ensemble des habitants de notre pays, peu importe le territoire où il réside. Une ressource de cette importante doit être gérée dans le sens de l’intérêt général et ne saurait être, alors que la crise climatique que nous vivons rend encore plus difficile son accès pour le plus grand nombre, laissée aux mains d’un opérateur privé.

Mme Autain invite donc M. Lecornu a investir massivement afin de rénover le réseau d’acheminement d’eau en Guadeloupe, ainsi qu’à engager un dialogue immédiat avec les salariés du SIAEAG afin de trouver une solution convenable pour tous et permettre au plus vite la redistribution de l’eau sur ce territoire.

Au delà de cette situation, Mme Autain constate que le défaut d’accès à l’eau potable est un problème persistant en outre-mer, connu depuis de nombreuses années. Ceci constitue une vraie rupture d’égalité concernant pourtant un droit fondamental. Mme Autain invite donc M. Lecornu à traiter sérieusement le problème, en débloquant les fonds suffisants pour la rénovation des réseaux d’acheminement et en favorisant systématiquement la mise en place de régies publiques sur ces territoires.