Interpellation sur la situation des psychologues

Interpellation sur la situation des psychologues

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Après avoir rencontré des psychologues à Villepinte, Clémentine Autain adresse cette question écrite à Olivier Véran, ministre de la santé, sur la situation des psychologues exerçant en secteur hospitalier :

« Le 15 juin dernier, une députée vous interrogeait et vous demandait d’entendre les revendications des psychologues, mobilisés à travers tout le pays, pour une meilleure reconnaissance de leurs compétences et l’amélioration de leurs conditions de travail. Force est de constater que ces interpellations n’ont pas été suivies d’effet, en dépit d’un Ségur. J’ai rencontré les psychologues de l’hôpital Robert Ballanger en Seine-Saint-Denis. Cet établissement compte 80 psychologues sur les 120 que regroupe le GHT de Montreuil, Montfermeil et Aulnay-sous-Bois. Entre 72% et 93% des professionnels sont des contractuels au sein de ce groupement hospitalier. La part des titulaires est donc extrêmement faible et les conditions de travail qui en découlent sont insuffisantes. Contrairement à votre réponse lors des questions au gouvernement, les psychologues n’ont pas vu leurs salaires revalorisés en fin de carrière suite au Ségur. Seule l’augmentation de 183 euros concernant l’ensemble des personnels soignants leur a été attribuée. D’autre part, au regard de la part de contractuels au sein des hôpitaux, dont les statuts sont privilégiés dans un objectif de réduction des dépenses, la majorité des psychologues au sein de l’hôpital public est rémunérée à hauteur en moyenne de 1600 euros. Est-ce un revenu raisonnable pour des personnels soignants formés cinq ans à exercer leur profession ? Est-ce une manière de « s’appuyer davantage sur les psychologues » comme vous le suggériez en 2019 ?En octobre prochain auront lieu les Assises de la Santé mentale et de la psychiatrie. Les psychologues risquent d’être les oubliés de ce moment, là où les psychiatres semblent avoir l’oreille du ministre. Il ne s’agit pas d’opposer ces professions mais bien de créer la possibilité d’améliorer, pour les patients et les professionnels, les conditions et les liens entre ces secteurs médicaux. Les revendications des psychologues sont les suivantes : une résorption de l’emploi précaire par un recours massif aux contractuels et donc l’ouverture des concours, l’augmentation des grilles de salaires, la prise en charge des consultations par l’Assurance maladie à des tarifs décents, la création de postes de psychologues dans les services publics. »