Plutôt que de faire investir l’Etat pour la construction et la réhabilitation de logements, Guillaume Kasbarian proposait d’organiser une nouvelle chasse aux pauvres. Son plan était simple : expulser les locataires dès lors qu’ils franchissaient un certain niveau de revenus. Mais quel message envoie-t-il aux bénéficiaires de logements sociaux ? « Osez améliorer vos conditions de vie, et nous vous expulserons ». Ce n’est pas acceptable.
L’énième loi de Guillaume Kasbarian contre les bénéficiaires de logement sociaux était un scandale sur le fond. Elle se révèle aujourd’hui être un naufrage politique. Face à la fronde de la gauche et le rejet du texte dans son propre camp, Guillaume Kasbarian a retiré sa loi injuste.
Kasbarian n’a fait que reprendre la rhétorique de la macronie depuis 2017 : quoi de mieux que de devoir désigner des coupables imaginaires quand près de 3 millions de personnes demandent un logement social et ne disposent d’aucune solution ?
À Sevran, Tremblay et Villepinte nous n’avons pas besoin d’exclure les habitants de leurs logements. Nous avons de beaucoup plus de logements. Nous avons besoins de logements rénovés pour respecter l’obligation de décence. À l’heure actuelle, le compte n’y est pas. Chaque visite d’appartement se solde par les mêmes constats : trop d’appartements sont touchés par une humidité importante, l’isolation est souvent défaillante, les conditions d’hygiène sont déplorables. Il y a urgence à ce que l’Etat investisse massivement.
Pour autant, cette victoire contre le projet inique de Kasbarian est le fruit de la mobilisation des collectifs de défense des bénéficiaires des logements sociaux. Bravo à elles et à eux. Le combat ne s’arrête pourtant pas là : une nouvelle charge contre les bénéficiaires de logements sociaux devrait vite revenir sur les bancs de l’Assemblée nationale.
Comptez sur nous pour les faire échouer, à l’Assemblée comme dans la rue.