Ouïghours : création d’un collectif de soutien

Ouïghours : création d’un collectif de soutien

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Clémentine Autain a participé à la création d’un collectif parlementaire de soutien au peuple ouïghour qui subit le massacre et l’horreur dans une grande indifférence planétaire. « Ensemble, nous affirmons qu’il faut faire triompher le droit sur la force, la liberté sur la tyrannie, la raison humaine sur la barbarie. » Leur tribune ici :

Nous, député.e.s de plusieurs groupes politiques, lançons l’alerte en créant un collectif de soutien au peuple ouïghour qui subit le massacre et l’horreur dans une grande indifférence planétaire. Ensemble, nous affirmons qu’il faut faire triompher le droit sur la force, la liberté sur la tyrannie, la raison humaine sur la barbarie.

Tribune. Presque la fin d’un peuple, presque la fin d’un monde. Actuellement en Chine, une tragédie se déroule à bas bruit : depuis fin 2016, le régime chinois viole les droits les plus fondamentaux des Ouïghours du Xinjiang (région ouïghoure) et commet des crimes contre l’humanité.

Depuis fin 2016, le monde assiste en temps réel à l’effondrement de l’idée d’humanité dans cette région du nord-ouest de la Chine. La région ouïghoure est devenue le théâtre du plus grand internement de masse du XXIe siècle : 1,8 à 3 millions de Ouïghours (sur une population estimée à 13 millions d’habitants) sont parqués et torturés dans des camps. Les directives sont claires et impitoyables : Xi Jinping, le président chinois, a demandé à être «sans pitié» avec cette population musulmane et turcophone.

Mois après mois, les preuves s’accumulent sur l’horreur à huis clos de la Région ouïghoure: déportation, stérilisations et avortements de masse, travail forcé, surveillance de type orwellienne, destruction des mosquées et des cimetières, enfants arrachés aux parents, etc.

Semaines après semaines, des enquêtes et des témoignages attestent des correspondances de cette persécution avec les pires atrocités du XXe siècle. Jours après jours, la visée génocidaire de cette répression se fait de plus en plus visible, de moins en moins contestable.

En effet, cette suite d’événements prend peu à peu le nom – notamment du fait des stérilisations massives des femmes ouïghoures – que revêtent les processus meurtriers les plus ignobles et les plus aboutis : celui de génocide. L’extermination planifiée et systématique d’un peuple, visé pour son origine ethnique et religieuse.

La création d’un collectif parlementaire de solidarité
En quelques années, la région ouïghoure est progressivement devenue l’autre nom d’une entreprise inhumaine conduite par des humains, l’autre nom de la négation de l’homme par lui-même. L’autre nom, aussi, de nos renoncements et de notre lâcheté.

Les représentants d’une nation qui a un jour proclamé que tous les hommes naissent libres et égaux ne peuvent rester silencieux et inactifs face à unl drame humain et moral. Le temps presse et l’histoire nous regarde. Et nous devons agir vite. Si nous ne faisons rien, cette politique d’anéantissement du peuple ouïghour est promise à s’intensifier dans les jours et les semaines qui viennent. Le prix de notre inaction sera alors terrible.

Le temps est venu pour nous de dire ce en quoi nous croyons – la liberté, la justice, les droits humains – et ainsi renouer avec ce vieux rêve formé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : faire triompher le droit sur la force, la liberté sur la tyrannie, la raison humaine sur la barbarie.

C’est la raison pour laquelle nous lançons aujourd’hui un collectif parlementaire de solidarité avec les Ouïghours, avec la volonté de tout faire pour faire fermer ces camps de la honte et défendre la vie et les droits des Ouïghours.