Pour un service public de la petite enfance

Pour un service public de la petite enfance

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Depuis longtemps, je mène une bataille pour la création d’un service public et gratuit de la petite enfance. Moins de deux enfants sur dix, âgés de 0 à 3 ans, ont aujourd’hui une place en crèche, et les inégalités entre les territoires sont là comme ailleurs flagrantes. C’est souvent sur la vie professionnelle et personnelle des femmes que se répercutent les conséquences de ce déficit de structures d’accueil. Notre pays a su ouvrir, dans les années 1960, une école maternelle chaque semaine pour bâtir un système éducatif public gratuit pour une tranche d’âge d’enfants avant l’élémentaire. L’heure me paraît venue de s’atteler à en faire de même pour les plus petits. Je sais que l’enfermement dans les prétendues contraintes budgétaires ne permet pas de penser ces besoins sociaux. Pourtant il le faudrait. Et on le pourrait si l’on décidait de partager les richesses et d’en finir avec la sacro-sainte austérité. De si nombreux parents galèrent aujourd’hui pour faire face à la prise en charge de leurs tout petits… C’est en pensant à eux que j’ai déposé une question écrite à la secrétaire d’État chargée des droits des femmes sur le sujet.

Mme Clémentine Autain attire l’attention de Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, sur le manque de places en structure d’accueil de la petite enfance et la nécessité de mettre en place un service national de la petite enfance. Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), dans un rapport publié en avril 2018, a tiré la sonnette d’alarme. D’une part, la convention d’objectifs et de gestion pour les années 2013-2017 n’a pas été respectée. Sur les 275 000 places d’accueil des moins de trois ans à créer, seules 41 700 places ont été effectivement ouvertes en 5 ans, soit seulement 16 % de l’objectif. Pourtant, la demande est très importante. Selon le rapport du HCFEA, 61 % des enfants de moins de trois ans sont gardés principalement par leurs parents et 31 % le sont exclusivement. Cette situation pénalise fortement les femmes, qui ne peuvent poursuivre sereinement leur carrière professionnelle. D’autre part, le HCFEA estime que, d’ici à 2022, il faudra créer au moins 230 000 places pour un coût compris entre 400 et 600 millions d’euros. Enfin, les inégalités territoriales restent importantes, certains territoires plus riches disposant de davantage de solutions de garde que les territoires populaires. Face à ce constat implacable, la création d’un service national de la petite enfance apparaît primordial et indispensable, pour assurer l’égalité de tous et toutes quel que soit leur territoire. Elle lui demande quelle est la position du Gouvernement sur cette question.