Référendum ADP : les freins bureaucratiques contre la démocratie

Référendum ADP : les freins bureaucratiques contre la démocratie

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Clémentine Autain a été saisie aujourd’hui par la complexité et par les bugs intempestifs du site internet http://www.referendum.interieur.gouv.fr.

Ce site internet est destiné à recueillir les soutiens à une proposition de loi référendaire visant à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris. En creux, il s’agit donc de contester la privatisation d’Aéroports de Paris, combat mené par Clémentine Autain depuis les débuts.

Mais les nombreuses difficultés liées à l’utilisation du site constituent une entrave forte à l’expression démocratique, ce qui est proprement scandaleux. La députée a donc saisi ce jour même le Ministère de l’Intérieur pour l’interpeller sur ces manquements qui risquent de provoquer l’abandon de nombreux signataires potentiels :

Mme Clémentine Autain attire l’attention du ministre d’État, ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, sur les difficultés rencontrées par les signataires de la proposition de loi référendaire visant à « affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ».

Depuis l’ouverture du site referendum.interieur.gouv.fr/ le 13 juin à 00h00, les témoignages se succèdent sur des bugs et des complications liés aux premières inscriptions. Le site affiche régulièrement une page d’erreur, nécessite des réactualisations, et le déficit d’informations complique l’ensemble de la procédure. Il n’est pas précisé que la plateforme est sensible à la casse (majuscules/minuscules), aux virgules et aux accents. On doit y inscrire son nom de naissance et pas son nom marital, sans que l’internaute n’en soit informé. Par ailleurs, Madame Autain s’étonne du choix d’associer les noms des communes avec les codes INSEE, peu connus, et non les codes postaux habituellement utilisés.

A tout cela s’ajoutent la complexité d’utilisation des codes captcha ainsi que l’obligation d’entrer une adresse de courriel dont beaucoup de nos concitoyens sont démunis. Madame Autain craint que l’ensemble de ces difficultés puissent provoquer l’abandon et le découragement de nombreux signataires potentiels. L’impératif démocratique exige pourtant que les outils de consultation soient les plus transparents et intuitifs possibles. L’état actuel du site parait ainsi très éloigné de ce que l’on pourrait attendre de la Direction de la modernisation et de l’administration territoriale du ministère de l’intérieur (DMAT).

Mme Clémentine Autain interroge donc M. le Ministre sur les mesures envisagées par la DMAT pour corriger ces bugs et ces difficultés. Est-il par ailleurs prévu que le site évolue pour gagner en accessibilité ? A-t-on enfin des garanties en matière de sécurisation des données ?