Renault : l’argent public doit servir une stratégie industrielle

Renault : l’argent public doit servir une stratégie industrielle

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Mme Clémentine Autain interroge M. le ministre de l’économie et des finances sur les conditions posées par le gouvernement au prêt garanti par l’État de 5 milliards d’euros promis au constructeur Renault.

En pleine crise économique et sociale, nous apprenons que Renault envisage la fermeture de plusieurs sites en France, et qu’il est question d’un plan de suppression de 5000 postes d’ici 2024. Pourtant, le gouvernement (actionnaire du groupe à hauteur de 15%) a promis à l’entreprise un prêt de 5 milliards d’euros, et annoncé un plan de soutien à la filière automobile qui s’élève à huit milliards d’euros.

Ces fermetures de site interrogent également : l’usine de Choisy-le-Roi, qui fait partie des sites menacés, est spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement de pièces mécaniques, et avait reçu en 2014 le Trophée de l’économie circulaire. Le directeur de l’usine l’avait alors qualifiée de « porte-drapeau de l’engagement du groupe » en matière environnementale. La fermeture ou le transfert de ce site serait inexplicable, alors que tout nous pousse à redessiner notre production à l’aune de l’urgence écologique.

M. Le Maire a déclaré cette semaine que « le gouvernement n’envisagera pas que Renault s’engage à ne fermer aucun site industriel en France ». Emmanuel Macron a précisé que le prêt serait cependant conditionné à « l’octroi de garanties concernant les sites de Douai et de Maubeuge », sans faire toutefois mention de la Fonderie de Bretagne, du site de Choisy et du site de Dieppe.

Mme Clémentine Autain interpelle donc M. Le Maire sur les conditions précises de ce prêt. L’argent public doit servir une stratégie industrielle au long court et non accompagner des suppressions d’emplois, sans même organiser de reconversions professionnelles ni se soucier de transition écologique. La soutenabilité écologique des choix de production et l’éventuelle conversion professionnelle des personnels doivent faire l’objet de garanties solides de la part du groupe Renault.