Rentrée : le danger de la non-scolarisation

Rentrée : le danger de la non-scolarisation

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Ce matin, j’ai participé à la traditionnelle réunion de rentrée qui a lieu chez le préfet avec le recteur de l’Académie de Créteil de Seine-Saint-Denis. Il s’agit d’informer les parlementaires sur la situation dans les établissements en ce tout début d’année. Cette rentrée, nous le savons, est hors norme en raison de la crise sanitaire.

Le fait le plus inquiétant dont j’ai pris connaissance, c’est que les prévisions d’enfants scolarisés ne correspondent pas du tout à la réalité constatée, dans des proportions totalement inédites. Habituellement, l’écart entre le nombre d’élèves prévus avant l’été et le nombre d’élèves constatés le jour de la rentrée en maternelle et primaire se situe autour de 800 dans notre département. Là, ce sont 3.900 enfants qui manquent à l’appel ! Nous sommes donc face à un décrochage scolaire massif qui prend, pour une partie de la population, la forme radicale d’une non présence à l’école, pourtant obligatoire. Ce phénomène est très fortement marqué socialement. Pour le traduire en un exemple : à Vincennes, le nombre d’élèves réels correspond de près à celui des prévisions alors qu’à Saint-Denis, ce sont 500 enfants qui ne sont pas au rendez-vous de la rentrée.

Toute la chaine éducative doit être mobilisée pour comprendre cette situation et éviter une non scolarisation d’enfants. C’est un enjeu majeur d’égalité. Il faut s’en donner les moyens. Ce matin, nous avons appris que la démarche d’appeler toutes les familles concernées était engagée.

L’ensemble des raisons qui conduisent à une telle situation mérite d’être considéré. Mais je veux, à chaud, en pointer une. Au début de la crise sanitaire, le gouvernement a pris la décision de laisser aux parents le libre-choix de scolariser ou non les élèves. L’école devenait à la carte, rompant avec les principes de notre République. Je me suis élevée fortement contre cette décision. C’est à l’État, et non aux parents, de prendre une telle responsabilité. C’est à lui de savoir et de garantir les conditions sanitaires pour les enfants. C’est à lui d’assurer l’égalité devant la scolarité. J’ai dénoncé ce discours gouvernemental consistant à faire reposer sur les parents la responsabilité de la scolarisation des enfants. J’ai peur que nous en payions aujourd’hui les conséquences…

Clémentine Autain