Sages-femmes : un statut à valoriser

Sages-femmes : un statut à valoriser

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Clémentine Autain interpelle ce jour la Ministre de la Santé sur la précarité du statut des sages-femmes. Un rapport récent sur leur bien-être pendant leurs études, édifiant, met en lumière les difficultés de la filière de la maïeutique. Il devient vraiment urgent de revaloriser leur profession, à la hauteur que celle-ci exige :


Mme Clémentine Autain appelle l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur les conditions de travail des sages-femmes. Bien que leur profession évolue et monte toujours davantage en responsabilités, leur statut ne connait aucune amélioration significative, que ce soit au sein des services ou via une revalorisation salariale. Soumises à un stress important et à des conditions de travail difficiles (alternances jour/nuit, garde de 12 heures…), les sages-femmes évoluent dans une précarité qu’elles subissent déjà au cours de leurs études.

Pendant leur second cycle, les étudiantes-stagiaires sont rémunérées à un niveau très faible qui est déconnecté de leurs nombreuses heures de travail. Ces conditions se traduisent par un malaise perceptible : selon un rapport de 2018 mené par l’association nationale des étudiants sages-femmes, « un tiers des étudiant.e.s sages-femmes considèrent leur situation financière comme mauvaise à très mauvaise », 41% d’entre elles déclarent que leur santé s’est « dégradée à fortement dégradée au fur et à mesure de leur formation », et 70% d’entre elles présentent des symptômes dépressifs. A ces difficultés, il faut ajouter le statut du diplôme qui est un grade master et non master universitaire, ce qui complique tout projet de doctorat ou de recherche en maïeutique. Une fois titularisées (ce qui met environ six ou sept années), les sages-femmes doivent enfin travailler dans la même structure pendant au moins huit ans pour monter le premier échelon.

Madame Autain interpelle donc la ministre de la santé sur l’évolution nécessaire du statut des sages-femmes, ainsi qu’une meilleure prise en considération des étudiantes qui suivent la filière maïeutique.