Tranquillité publique en Seine-Saint-Denis : le ministre interpellé

Tranquillité publique en Seine-Saint-Denis : le ministre interpellé

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Le lundi 20 septembre, la députée Clémentine Autain a interpellé à Sevran et Aulnay le ministre d’État et de l’Intérieur Monsieur Gérard Collomb sur les inégalités flagrantes en termes de tranquillité publique en Seine-Saint-Denis.

Le rapport Cornut-Kokouendo avait fait l’amer constat sur l’absence de l’État dans notre département. Clairement, notre département est sous doté de façon chronique, structurelle, ce qui est totalement inadmissible du point de vue de la simple égalité républicaine. Aujourd’hui, l’arrivée de 25 nouveaux effectifs de police via la mise en place de la police du quotidien est la bienvenue, même si la création d’un nouveau dispositif de ce type ne m’apparait pas comme la meilleure des réponses. Oui, la police peine aujourd’hui à assurer ses missions. Le nombre de postes vacants est impressionnant. Et les relations avec la population s’en trouvent évidemment affectées.

La visite de Gérard Collomb aura laissé de nombreuses questions en suspens. Depuis 2010, ce sont près de 700 effectifs de police qui manquent en Seine-Saint-Denis. Le plan qui permettrait de redresser sérieusement la situation n’est pas là. Les relations entre les jeunes et la police en Seine-Saint-Denis, comme l’a tristement prouvé l’affaire Théo, comme le rappelait aussi le nom d’Aurélie Fouquet, méritent de développer de nouvelles stratégies pour apaiser la situation. J’ai également interpellé le ministre sur la douloureuse question des violences faites aux femmes : lors des permanences que je tiens dans ma circonscription, je ne compte plus les témoignages de femmes en danger mais qui ne peuvent être aidées, car les services sont saturés. Et Sevran, ville de 50.000 habitants, ne dispose toujours pas d’un commissariat de plein exercice ! La mutualisation des services d’accueil des commissariats d’Aulnay et de Sevran a même conduit à la fermeture des commissariats les week-ends et les jours fériés, alors que la ville est classée en zone de sécurité prioritaire…

Le combat contre les inégalités en Seine-Saint-Denis requiert plus d’implication de la part de l’État, dans tous les domaines régaliens ! Réhabiliter les quartiers populaires, assurer le développement des villes mais aussi construire de véritables offres de formation sur notre territoire. Sevran, comme la Seine-Saint-Denis, a besoin de projets innovants. La création d’une université, projet que je défends depuis plusieurs années, serait un véritable facteur positif.

Il est temps que les habitants de la Seine-Saint-Denis soient tout simplement considérés, que sa richesse et ses potentialités ne soient pas fracassées sur le mur des inégalités sociales et territoriales.