Tremblay : au gymnase qui accueille des réfugiés

Tremblay : au gymnase qui accueille des réfugiés

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Hier, tout juste de retour de vacances, je suis allée au gymnase Toussaint-Louverture, à Tremblay-en France, où des réfugiés sont accueillis depuis une évacuation au mois de juillet à Aubervilliers. 73 migrants dorment sur des lits de camps et se restaurent dans ce lieu normalement dédié aux activités sportives. Certains ont des titres de séjour, travaillent, quand d’autres sont en attente de régularisation. Ces hommes viennent pour la plupart d’Afghanistan ou de Somalie. Avec Virginie de Carvalho, première adjointe de la municipalité, j’ai pu ainsi échanger avec eux, ainsi qu’avec des responsables de l’association France-Horizon, qui gère le lieu.

Alors que des inquiétudes se sont faites jour à l’annonce de la réquisition du gymnase, force est de constater que le calme règne et que les habitants n’ont pas à se plaindre de cet accueil d’urgence. Contrairement à bien des idées-reçues, c’est d’ailleurs le cas de nombreux foyers de courte ou plus longue durée partout en France. Je tiens à saluer les efforts de la municipalité de la Ville de Tremblay en France emmenée par Francois Asensi, ainsi que le volontarisme associatif qui ont rendu possible cette mise à l’abri. J’espère vivement que l’État saura tenir son engagement pour trouver des solutions à l’ensemble de ces réfugiés afin d’améliorer leur situation et de permettre à ce lieu sportif d’accueillir les jeunes et les moins jeunes dès la rentrée.

Je l’ai dit et redit : la politique migratoire d’Emmanuel Macron méprise les valeurs de fraternité. La loi asile-immigration votée par la majorité LREM a piétiné le droit d’asile et durci les conditions d’accueil. Notre devoir d’humanité est mis en pièce, comme l’a tristement illustré notre refus d’accueillir l’Aquarius alors que des milliers de personnes perdent la vie en traversant la Méditerranée.

Je voudrais être fière de mon pays et de sa tradition d’accueil. Je voudrais que l’Union européenne soit à la hauteur de ses responsabilités. Je voudrais que nous soyons capables de nous ouvrir à la souffrance et aux rêves de celles et ceux qui cherchent, parfois au péril de leur vie, tout simplement la paix et la liberté. Pour l’heure, comme l’écrit Patrick Chamoiseau dans Frères migrants, « les frontières de l’Europe s’érigent en de mauves meurtrières. Elles alimentent un des enfers de Dante et réinstallent une manière de ce Gouffre (…). Gouffre de vies noyées, de paupières ouvertes fixes, de plages où des corps arrachés aux abysses vont affoler l’écume. Gouffre d’enfants flottés, ensommeillés dans un moule de corail, avalés par le sable ou désarticulés tendres par des houles impavides ». Je sais que nous sommes nombreuses et nombreux à nous battre pour que les principes humanistes reprennent le dessus.

Clémentine Autain