Le Tour de France doit rester populaire

Tour de france populaire

Les coureurs du Tour de France se sont élancés samedi, depuis Barcelone, devant des dizaines de millions de spectateur·rices. Les sons et les images des cyclistes parcourant la France, je les regarde dès que possible depuis l’enfance, mon père étant un admirateur absolu de ce Tour, devenu un bien commun en plus de 120 ans et, pour moi, une madeleine de Proust.

Monument populaire et gratuit, le Tour de France est pourtant menacé par son modèle économique lucratif. Il doit aussi se réinventer face au dérèglement climatique.

Qui le sait ? L’infrastructure est gratuite pour la société organisatrice Amaury Sport Organisation (ASO). La sécurité des voies, l’entretien des routes et le nettoyage sont pris en charge par les gendarmes, les communes, les départements et les régions. ASO ne verse rien pour occuper l’espace public. L’entreprise privée demande même 130 000 à 150 000 euros aux villes moyennes pour obtenir une arrivée dans leur commune ! Elle capte 100% des droits TV, alors que le service public se bat pour continuer de diffuser ce programme historique.

Résultat : le Tour de France est une véritable machine à cash. 131 millions d’euros de bénéfice net, une marge de près de 35%, supérieure aux géants du CAC 40 !

L’argent public des collectivités locales doit aller à la rénovation des infrastructures pérennes pour les habitant·es, à l’investissement dans des services publics de qualité, et pas au financement des dividendes d’une holding privée.

Les territoires ne sont pas à égalité dans l’accueil du Tour. Il y a les collectivités qui ont les moyens et celles qui ne les ont pas. Chaque ville doit pouvoir faire profiter ses habitant·es de ce moment de liesse populaire.

Alors que la course s’est élancée au moment d’un troisième épisode caniculaire en 2026, nous ne pouvons ignorer les enjeux écologiques qu’elle charrie. Le cyclisme subit l’assaut des capitaux pétroliers. Sept équipes sont sponsorisées par des entreprises ou des États producteurs d’énergies fossiles et portent leur nom, comme l’équipe TotalEnergies.

Alors que les Français·es sont entré·es dans une nouvelle semaine de canicule, quelques jours à peine après la précédente, le Tour de France doit se réinventer face aux fortes chaleurs. Pour protéger la santé des coureurs et du public, ouvrons le débat pour avancer le départ du Tour !

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