À Sevran, la plaine Montceleux est un bien commun. Préservons-la !

Plus de 1.000 personnes ont déjà signé la pétition pour préserver les 32 hectares de terres agricoles de la Plaine Montceleux. Je leur apporte tout mon soutien.

Je signe cette pétition et vous appelle à la signer – et la faire signer ! ➡️  https://c.org/ZrDjNw6Gqj

Entre 2016 et 2021, plusieurs versions du projet d’aménagement de ces terrains se sont succédées. Le plus grotesque fut l’idée d’une vague artificielle de surf pour équipement emblématique, notamment portée par le maire de l’époque Stéphane Gatignon.

Je me suis toujours opposée à la logique qui sous-tendait ces différents projets si peu respectueux des besoins des habitant.es et de l’environnement. Ils traduisaient une course – illusoire – à l’attractivité du territoire, servant des intérêts privés plutôt que l’intérêt commun.

Ces terrains appartiennent à l’État, qui en a confié l’aménagement à Grand Paris Aménagement (GPA). Ce n’est pas une raison pour considérer ce terrain public comme une simple réserve foncière, dont l’avenir serait décidé d’en haut, entre institutions et aménageurs. La population doit s’en mêler !

En 2021, la mobilisation et la concertation citoyennes ont permis d’obtenir l’abandon de la vague de surf. Le maire Stéphane Blanchet et son équipe ont engagé la réorientation salutaire du projet.

Cette victoire l’a démontrée : aucun projet n’est inéluctable.

Mais le projet d’urbanisation des 32 hectares aujourd’hui présenté sous une nouvelle forme et défendu par GPA prévoit encore l’artificialisation d’une très grande partie des sols.

Le besoin de logements est incontestable. Mais l’effort pour y répondre ne doit pas reposer sur les seules communes au prix du foncier attractif, ni se faire au mépris des enjeux écologiques. Par ailleurs, toute nouvelle construction d’ensemble d’habitations nécessite des écoles, des transports, des équipements culturels, médicaux ou sportifs, des aménagements pour les flux de circulation, l’exposition à la chaleur ou encore la gestion de l’eau. Or, si l’État est toujours intéressé par nos terrains pour bâtir, il l’est beaucoup moins pour investir dans nos services publics !

Une sur-urbanisation ne peut se faire sans les habitantes et les habitants, sans répondre à leurs besoins quotidiens – et donc sans exigence vis-à-vis de l’État. Ni sans mesurer les limites écologiques du terrain.

La présence de zones humides, visiblement jusqu’ici mal identifiée, oblige aujourd’hui à remettre en question la faisabilité et la pertinence du projet.

Pendant des décennies, l’aménagement urbain a artificialisé les sols et cherché à évacuer l’eau toujours plus rapidement, renforçant les conséquences du dérèglement climatique : canicules, ruissellements, inondations et effondrement de la biodiversité.

Il faut faire le choix inverse : retenir l’eau là où elle tombe, ralentir son parcours, son évaporation et permettre aux sols de retrouver leur fonction naturelle. Préserver l’eau, c’est rafraîchir la ville et donner au vivant le temps et l’espace nécessaires pour se régénérer.

Dans une Seine-Saint-Denis déjà fortement artificialisée, cette bifurcation écologique est une nécessité. Elle relève aussi de la justice territoriale.

Faire d’un foncier appartenant à l’État un bien placé au service de l’intérêt commun, et non une opportunité d’aménagement décidée d’en haut : là est l’esprit public !

Je salue la saisine annoncée du conseil participatif par le maire de Sevran. Elle doit permettre aux habitantes et habitants de disposer de toutes les informations pour un vrai débat. Nous devons ainsi examiner l’ensemble des possibilités, notamment celle d’une préservation plus ambitieuse de ces terres agricoles.

GPA et l’État doivent entendre cette soif des citoyennes et citoyens de s’en mêler, et accepter de remettre leur projet sur la table.

L’avenir de la plaine Montceleux doit partir de ce qui existe déjà. La terre, l’eau, le vivant, la tradition agricole et la parole citoyenne.

Clémentine Autain

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